Les deux visages de la 14éme législature

 

                                                                                                           Séance plénière à l'Assemblée nationale du Sénégal

    17 novembre, top départ du marathon budgétaire pour l'exercice annuelle 2023. Depuis cette date, les ministres continuent de faire leur défilé. Ils sont 38, au total, à "passer à la barre".

 Nombreux sont ces sénégalais qui avaient ''prédit'' une rupture à l'Assemblée nationale et un rehaussement du niveau des débats avec l'édulcoration de la fameuse majorité mécanique dont disposait le pouvoir dans les précédentes législatures. 

 Rupture ! oui, il y a, mais elle semble plus personnelle qu'idéologique. Car, même si une frange de l'opposition tente d'imposer un débat de fond, de l'autre côté certains préfèrent les invectives et commérages. 

 L'examen et le vote de la loi de finance est un exercice tellement alambique qu'il demande une certaine maitrise de la procédure. Chose que beaucoup de députés ne disposent pas. Examiner les rapports des commissions, ressortir les incorrections, faire des suggestions, émettre des critiques, inciter des réflexions, voilà ce que le peuple attend d'un parlementaire.  

 Le vote du budget ne devrait en aucun cas être une ribambelle de "play-boy'' et de "miss", où chaque ministre passe pour faire sa communication. Une partie des députés le ''Maky'', l'autre le "démacky". Au contraire, ça devrait être un moment crucial, car c'est la vie financière de tout un pays qui est mis en jeu. 

 Malheureusement, le constat est que l'Assemblée progresse avec ses deux visages. Une frange de députés qui s'efforce d'aller au fond des discussions pour éclairer la lanterne des Sénégalais, l'autre qui préfère rester dans le superficiel en élégant les vraies questions, et fait parfois des hors-sujets.

 Quelle est la plus-value d'une ''Coura Macky'' à l'hémicycle ?  Difficile à calculer ! Mais une chose est certaine. Si les Sénégalais élisaient leurs députés sur la base d'un suffrage direct, nombreux sont ces parlementaires qui ne franchiraient pas le portail de l'Assemblée nationale. 

 Sur ce fait, il faudrait, à l'image des élections municipales, aller vers un changement du système d'élection de nos parlementaires. Le scrutin sur la base d'une liste montre vraiment ses limites et répercute sur la qualité de nos législatures.

                                                                                                                                                                                              Lamine Ba Diallo


  

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