Quand Goita est victime de son alliance avec WAGNER !
L’article 3 de la charte de la CEDEAO stipule que la Communauté vise à promouvoir la coopération et l'intégration dans la perspective d'une Union économique de l'Afrique de l'Ouest en vue d'élever le niveau de vie de ses peuples, de maintenir et d'accroître la stabilité économique, de renforcer les relations entre les Etats Membres et de contribuer au progrès et au développement du continent africain. Est-ce que réellement l'organisation assure cette mission qui lui est assignée ? Cette question est légitime au vu des mesures très sévères qu’elle a infligé au « peuple » malien. Par cette mesure, l’organisation ouest africaine n’est-elle pas dans une logique de désintégration au lieu d’intégration ?
Vous avez le feu qui est en train de consume votre maison à grande vitesse avec vos enfants qui sont coincés à l’intérieur. Votre ami, qui est en réalité à l’origine de cet incendie même s’il ne l’a pas fait exprès, vole à votre secours pour vous aider à l’éteindre mais il a du mal à arrêter l’avancer des flammes incandescentes. Au bout de plusieurs jours, l’incendie n’arrête pas de prendre de l’ampleur malgré les moyens déployés. Arrive un inconnu qui propose de vous aider à éteindre le feu. D’un coup, votre ami avec qui vous avez essayé d’éteindre l’incendie sans succès depuis le début vous menace de quitter si vous accepter la nouvelle offre pour éteindre le feu qui est en train de ravager toute votre maison. Et il est conscient de son incapacité à lui tout seul d’éteindre le feu. Que devez-vous faire ? Est-il compréhensible cette exigence ? Devez-vous sacrifier tous vos biens et vos enfants qui se trouvent à l’intérieur pour un différend qui les opposent ? Ce petit conte illustre bien le cas malien !
Aujourd’hui, le Mali a lâché la France pour collaborer avec les Russes. Cela ne doit nullement être un crime de choisir ses alliés. De Serval à Barkhane, la France n’a pas pu rétablir la paix au Mali donc il est normal de changer de fusil d’épaule. Le dimanche 9 janvier 2022, les dirigeants de la CEDEAO ont décidé de sanctionner la junte malienne pour son incapacité à respecter les délais pour la tenue des élections en février. De ce fait, doit-on sanctionné un peuple innocent pour des fautes qu’il n’a pas commises : la réponse est non ! Pour rappel, l’actuel gouvernement malien est loin d’être un « gouvernement militaire », il est plutôt l’expression de la volonté populaire. C’est la Rue-publique qui avait défiée la Ré-publique à travers les âpres mouvements du M5-RFP.
N’est-ce pas illogique et comique d’épargner le putschiste Doumbouya, tout en lui assignant implicitement la mission de punir un autre putschiste de même acabit ? La tournure des évènements a d’ailleurs démontré les limites de la CEDEAO et en même temps le camp du peuple. Aujourd’hui, presque tous les peuples d’Afrique ont démontré leur soutien au Mali. C’est drôle quand les gens avancent que la junte malienne n’a pas de légitimité. Attention ! On peut tout la refuser sauf la légitimité. C’est plutôt la légalité qui la manque au regard de la façon dont ils sont arrivés au pouvoir car la légitimité n’est rien d’autre que le soutien populaire. Et nul ne doute de ce soutien ! Les chefs d’Etat ouest africains doivent cesser d’être des moutons de panurge face à des décisions d’une telle envergure et tirer des leçons du cas malien pour regagner la confiance des citoyens africains et ouest africains en particulier.
Lamine Ba Diallo
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