Dakar abreuve le monde mais reste assoiffé !
C’est
parti ! Les vannes sont ouvertes et l’eau commence à couler ce lundi 21
mars 2022 à Dakar. Le 9ème forum mondial de l’eau se tient à Dakar
Aréna de Diamniadio sous le thème « Sécurité de l’eau pour la paix et le
développement ».
Depuis la
journée du lundi, combien de reportages, de dossiers ont été réalisés sur
l’accès à l’eau dans certains quartiers de Dakar et de l’intérieur du Sénégal. Presque toutes les parutions de ce lundi sont
revenues sur le manque criard d’eaux au Sénégal. D’ailleurs l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) précise que 3 africains sur 10 n’ont pas accès à l’eau. Ce
qui démontre la problématique de l’eau en Afrique. Quel paradoxe ! Comment
on peut détenir autant de superficie d’eau douce et rencontrer des difficultés d’approvisionnement.
La lancinante question de la gestion se pose alors.
On peut
vivre sans le pétrole et le gaz mais on ne peut pas vivre sans l’eau. Comme
toute ressource rare l’eau est convoitée
par plus d’un ; ce qui crée des conflits d’intérêt. Ainsi, l’eau source de vie peut être aussi source de
tension politique et même de conflits entre les Etats. Dans plusieurs parties
du monde, la maîtrise de l’eau est devenue un enjeu géostratégique entraînant
des crises diplomatiques entre Etats. Pour preuve, la construction par l’Ethiopie du barrage de la Renaissance
sur le Nil bleu a engendré une vive tension entre ce pays et les Etats situés
en aval de ce fleuve (Soudan et Egypte). Pour éviter de telles situations,
l’Afrique doit renforcer ses mécanismes de gestion de la ressource-eau.
La
Promotion de l’hydro-diplomatie est aujourd’hui la seule issue vers la
construction d’une paix durable. L’Afrique doit donc aller vers une
consolidation des organismes régionaux de gestion de l’eau à l’instar de l’Organisation
pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et l’Organisation pour la Mise
en Valeur du fleuve Gambie (OMVG). A cela s’ajoute la nécessité d’une mise en
place d’un haut conseil pour l’harmonisation de la gestion de l’eau. Pourquoi
pas une Organisation Africaine pour la
Gestion de l’Eau (OAGE). A côté du forum mondial de l’eau, mettre en place
un forum biennal africain pour statuer et évaluer les questions de l’eau qui
sont spécifiques à l’Afrique.
LAMINE BA DIALLO

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