La goutte de trop !




Onze nouveau-nés ont péri dans un incendie à la maternité de l’hôpital Abdoul Aziz Sy de Tivaouane ce mercredi 25 mai 2022. La négligence dans notre système de santé est citée comme l'une des causes.

L’incendie à la néonatologie de l’hôpital Abdou Aziz Sy de Tivaouane remet au goût du jour l’état de notre système sanitaire. Ces deux dernières années sont marquées par des drames dans nos hôpitaux. Négligence du personnel médical. Négligence des autorités sanitaires. Pourtant « l’apocalypse » se voyait venir. Le 24 avril 2021, 4 bébés sont calcinés à l’hôpital de Linguère. Le rapport d’enquête faisait état de « négligence criminelle ». Le 1er avril 2022, un autre drame est survenu à l’hôpital Amadou Sakhir Mbaye de Louga. La dame Astou Sokhna meurt en couches après avoir demandé en vain une césarienne. Négligence ! Le 7 mai dernier, à l’hôpital Régional de Kaolack, un nourrisson déclaré mort par un médecin à la Pédiatrie, avait été retrouvé vivant dans un carton de madar quelques heures plus tard à la morgue dudit hôpital. Négligence ! Donc, cette affaire de Tivaoune n’est que la goutte de trop qui a fait déborder le vase. Mais quelle grosse goutte ! onze « petits anges » calcinés. Des âmes innocentes qui n'ont pas demandé à naître. Ceci pour dire que le système sanitaire est frappé de plein fouet par une incompétence de ses acteurs. Comment recrute-t-on le personnel médical ? La méritocratie est-elle mise en avant ?  Il est temps de revoir le système de recrutement du personnel dans nos hôpitaux. Le Sénégal se targue toujours d'avoir les meilleurs médecins. Où sont-ils ? Gouverner c'est prévoir dit-on. Mais tel n'est pas le cas au Sénégal. Comment peut-on laisser onze bébés seuls dans une salle sans surveillance. Quelle négligence !

En effet, à chaque fois qu'il y a un cas de ce genre, c'est le même protocole : le ministre fait une descente sur les lieux, il fait ensuite une communication et une enquête est ouverte le temps que les gens oublient et passent à autre chose. Aujourd'hui nos hôpitaux sont devenus des mouroirs. Et le constat qui est fait, c'est que les victimes sont le plus souvent issues des couches les plus vulnérables : femmes et enfants.

Le discours évacue la main de l’homme pour ne retenir que la volonté divine. Qui est responsable de ces drames ? Personne ! Non « je » voulais dire tout le monde. Arrêtons à chaque fois de chercher des agneaux du sacrifice. Soit le directeur de l'hôpital est limogé soit un infirmier est placé en garde à vue. Où sont les autorités hiérarchiques. Le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr devait-il attendre d'être révoqué ? La réponse est non. Une seule mort suffisait pour une démission. Et c'était d'ailleurs une demande populaire. Malheureusement, chez nous démissionner est une honte sociale.

Outre la négligence du personnel médical, le problème de nos hôpitaux est encore plus profond. Dans le drame de Tivaouane, les enquêtes préliminaires ont conclu un court-circuit. Qui assurent ces installations ? Y'a-t-il des appels d'offres sérieux dans le cadre des passations de marchés. Il temps de revoir le système d'installation électrique dans nos hôpitaux. Il est temps de nous revoir TOUT simplement.

Du médecin à l'aide-soignant en passant par l'infirmier, ce personnel a besoin d'une autopsie pour pouvoir diagnostiquer le mal afin de l'éradiquer pour de bon. Inadmissible, inacceptable, plus jamais ça, Halte à ses drames dans nos hôpitaux, c'est l'hymne du peuple Sénégalais.

                                                                    LAMINE BA DIALLO

 

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