Trop de faux dans les faits : où est le vrai débat ?
Le
fonds monétaire international classe le Sénégal dans le rang des bons élèves
africains. "Elle se
porte bien par rapport à d’autres économies", dit-il.
Une prouesse
pour l’Etat. Mais, une indifférence pour les populations. En effet, les
baromètres qu’utilisent ces institutions financières internationales sont macroéconomiques voire en déphasages avec le quotidien du marchand ambulant
qui, pour décrocher sa dépense quotidienne, sillonne mille et une rue de Dakar.
Cette "bonne note" attribuée à l’Etat du Sénégal par le FMI est un faux débat
dans ce contexte d’inflation où les ménages peinent à voir le bout du tunnel.
De l’autre côté, ''le port du
bracelet électronique est pour l’allègement de la sanction pénale et la lutte
contre le surpeuplement carcéral'', déclare Ismaila Madior Fall, l’actuel
ministre de la justice. Une bonne mesure. Mais !
A la date
du 1er août 2022, 12 430 détenus croupissent dans les prisons au Sénégal. Parmi
ces détenus, on note 320 femmes, 130 mineurs et 1130 ressortissants de pays
étrangers. Une population carcérale répartie dans les 37 prisons du pays. Si
les 6443 personnes ont été jugés et condamnés, les 5987 sont en détention
préventive.
Bien vrai que l’entrée en vigueur du bracelet électronique peut
aider à désengorger les prisons, mais le problème est ailleurs. Ce qu’il faut régler,
ce sont les longues détentions. Et pour se faire, l’Etat doit augmenter le
quota des magistrats. Car, ''pour environ une population de 16 millions d'habitants,
la magistrature ne compte que 546 magistrats, soit 3 magistrats pour 100 000
habitants'', selon des statistiques fournies par Souleymane Téliko, ancien
président de l’Union des magistrats du Sénégal, dans Grand Jury de la Rfm. Le gap
est trop. Renforcer le nombre de juges pour accélérer les procédures judiciaires,
voilà le vrai débat.
Liberté de la presse menacée, la CAP brandit ses PAN’cartes
pour libérer PAN espérant que ce dernier ne bénéficiera pas d’un bracelet électronique.

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